Gestion de patrimoine, comment préparer sa retraite ?

Nous avons choisi de prendre pour point de départ la survenue d’un héritage, car cela signifie bien souvent un apport non négligeable, mais dont il convient de savoir tirer profit.


Gestion de patrimoine et préparation à la retraite

Commençons, si vous le voulez bien, par une série de précisions utiles sur le présent article. Tout d’abord, nous considérerons ici la gestion de patrimoine sous l’angle de la préparation à la retraite, à l’exclusion de tout autre objectif.

En outre, si pour vous cette échéance apparaît comme une sorte de mirage lointain, aux contours flous, sachez que plus tôt vous vous préparerez et mieux ce sera.

Ces précisions étant posées, voyons à présent les trois règles-clé qui vous permettront, dans une telle situation, d’aborder l’avenir sereinement.

Règle n°1 : Prenez le temps d’avoir une vue d’ensemble et ne négligez pas l’épargne de précaution

Quelle que soit la provenance de l’héritage, il est probable que, de prime abord, vous soyez perturbé par cette nouvelle, et rassurez-vous : cela se comprendrait aisément. Néanmoins, en matière de finance et d’investissement, l’une des clés du succès réside dans la capacité d’analyse objective de la situation, pour prendre des décisions en limitant les risques autant que faire se peut. Par conséquent, face à l’arrivée d’un héritage, votre priorité doit être d’en cerner tous les tenants et aboutissants : montant net, composition du patrimoine hérité (valeurs mobilières, placement immobilier, etc.) Cette vue d’ensemble est cruciale et ne doit surtout pas être sous-estimée, car c’est d’elle que découlera la construction de votre stratégie patrimoniale.

Par la suite, et surtout si vous possédez des notions en investissement, votre cerveau fourmillera sans nul doute d’idées d’allocations de votre ajout de patrimoine. Mais, là encore, sachez raison gardée, et interrogez-vous d’abord sur le niveau de vos livrets d’épargne. Certes, leurs rendements demeurent très faibles, mais leur fiscalité apparaît très avantageuse, et surtout vous ne pourrez pas construire sereinement votre retraite si vous n’êtes pas à l’abri d’un « coup dur » : panne de voiture coûteuse, appareil électroménager à remplacer d’urgence, etc. Il n’est pas question de vous conseiller de remplir tous les livrets jusqu’à leur plafond, mais simplement de mettre de côté suffisamment de fonds pour faire face aux imprévus.

Règle n°2 : Faîtes de l’assurance-vie et l’immobilier les deux piliers de votre gestion patrimoniale

En France, comme nous le savons bien, l’assurance-vie figure au palmarès des placements préférés de nos compatriotes, et ce pour deux raisons. Tout d’abord, les rendements moyens « nets » oscillent aux alentours des 2%, ce qui représente tout de même près de trois fois mieux que le Livret A, par exemple. Qui plus est, la fiscalité se révèle très attrayante après huit années de détention, permettant à un couple marié de retirer jusqu’à 9 200 € par an d’intérêts sans avoir à débourser le moindre centimes en impôts. Les valeurs mobilières, imposées dès le premier euro, ne peuvent certainement pas en dire autant ! Cela étant posé, nous vous conseillons d’ouvrir plusieurs contrats d’assurance-vie, car si certains peuvent au fil de l’eau recevoir moins d’intérêt de la part des banques – qui mettent l’accent sur les nouveaux contrats – d’autres se révèleront peut-être plus rentables à l’avenir. Or la portabilité de l’ancienneté n’est pas possible actuellement, même si elle est fréquemment évoquée, et il serait regrettable de vous retrouver « bloqué » avec un contrat peu performant de plus de huit ans sans pouvoir basculer vers un autre plus performant.

La pierre doit également représenter un élément incontournable de votre stratégie de gestion de patrimoine. A ce titre, plusieurs options s’offrent à vous, qu’il s’agisse d’une location en direct (avec achat de l’usufruit d’un autre bien pour générer du déficit foncier, par exemple), ou de parts de SCPI de rendement – dont le ROI oscille encore à plus de 4% en 2017. En matière d’immobilier, n’oubliez jamais que l’emplacement reste la priorité n°1, et que votre horizon de temps doit être sur le long terme. C’est un peu moins vrai pour les SCPI, mais n’espérez pas effectuer un aller-retour rapide – cela se révèlerait d’ailleurs bien entendu contre-productif dans l’optique de la préparation à la retraite.

Règle n°3 : Diversifiez vos investissements, soyez (raisonnablement) audacieux !

Après vous être assuré d’avoir une épargne de précaution suffisante, et d’avoir ouvert plusieurs contrats d’assurance-vie – dont un principal, évidemment – tout en ayant de la pierre (papier) dans votre patrimoine, il est désormais temps de prendre des risques avec ce qui vous restera de l’héritage que vous aurez reçu. Le dicton latin Fortuna Audentes Juvat nous le rappelle depuis l’Antiquité : la chance sourit aux audacieux. En ayant suivi les deux premières règles, vous avez démontré que vous étiez un investisseur prudent, avec une saine gestion de patrimoine, et c’est une très bonne chose, mais si vous le pouvez, n’hésitez pas à réserver entre 5 et 10% du montant hérité dans des placements plus risqués, au premier rang desquels les valeurs mobilières (actions, obligations), en essayant de ne pas dépasser 10 lignes, et de mêler à la fois valeurs de croissance et valeurs de rendement.

Les prêts d’union sont également une possibilité de placement intéressante, mais nous vous déconseillons les produits dérivés (certificats, warrants) et le marché des devises (Forex) tant que vous n’aurez pas suivi une ou plusieurs formations sur ces produits aux très forts effets de levier. De plus, si le monde de la finance et du day-to-day trading s’avère en effet passionnant, mieux vaut éviter de se lancer dans l’aventure sans avoir préalablement fait l’effort d’en comprendre les principes de fonctionnement.